
Fiche technique
Format : Broché
Nb de pages : 198 pages
Poids : 272 g
Dimensions : 14cm X 21cm
ISBN : 978-2-37491-396-4
EAN : 9782374913964
Prédilection pour un naufrage
Quatrième de couverture
Les Jeunes Constellations
Prédilection pour un naufrage
« Je me suis mis à scruter la terre. Il faisait trop sombre. J'entendais marcher les falaises. J'écoutais le bruit aveugle de l'écume élimer les rochers. La nuit déborde de mots : réponds, ressac, repars, reviens... Et je ne sais pas comment je suis devenu les falaises et les rochers qui allaient nous déchiqueter. Je disais aux hommes de ne pas s'inquiéter. Y aura pas de cruauté inutile. On sait ce que c'est... Nous aussi on crève en silence, au fond de nos criques, par la force des choses ou par la distraction des dieux. »
Affleurer, par l'écriture, à d'autres manières de voir, de sentir, de vivre, c'est la tentative même de ce roman. En voyage de Venise en Orient à bord d'un navire fatigué d'être, un jeune homme part retrouver un géniteur qu'il n'a jamais connu. L'époque : le Moyen-Âge tardif et des croisades hors d'haleine. « Toute ressemblance avec notre temps est à imputer à la nature des hommes », nous dit son auteur.
Ça ne voyage jamais seul un souvenir. Quand tu en as un qui vient, ils sont mille. Ils parlent tous en même temps, jouent des coudes, se bousculent.
Le salon de grand-mèrde ; ses visiteuses aux gueules atroces qui s'étonnaient de me trouver là, chaque semaine, moi ce bâtard, survivant à toutes les fièvres, s'obstinant à saloper la réputation de leur amie.
Je m'en voulais de ramener toute cette lie sur la Fortunera. Ces souvenirs élimés, mes guenilles. Fourre-les dans un sac et jette-les à l'eau - comme font les paysans avec les portées de chatons.
Laisse les morts border les morts.
Reviens à bord.
Regarde.
Tu navigues pour de bon cette fois. Sur la chair en cloque de la terre. Son sang sur tes joues.
Heya heya ho
Ecoute le cri des vagues,
Ce tintamarre qu'elles font en pinçant les
rayons du soleil.
Ho ho heya ho
Les nuages là-haut dansent au tempo
Comme des sibylles un peu folles.
Ho ho
L'écume que tu vois
C'est la trace de leurs pas.
Ho
Tes souvenirs frotte-les
Au gros sel
Au gros ciel
De partout
Laisse-toi transpercer...
Laisse
Ces vieux cadavres
Passer
Et la vraie carte du monde
Laisse-
La se déployer
Dans tes os !
Heya heya heya
Ho !!!